Le marché de l’immobilier est au centre d’une restructuration autour de la valeur verte afin d’assurer une meilleure transition écologique. Quelles mesures sont mises en place pour assurer cette transition ? Comment s’adapter à ces nouvelles exigences énergétiques ?

“Valeur verte” de l’immobilier : quand transition écologique rime avec rentabilité

Le domaine de l’immobilier est un des piliers centraux de la transition écologique. Les logements énergivores sont encore trop nombreux sur le marché, nous coûtent très cher en factures d’énergie et ne nous aident pas à faire baisser notre empreinte carbone. Comment inciter les actifs immobiliers à s’adapter aux nouvelles exigences énergétiques ? Quelles mesures sont mises en place en France et en Europe pour faciliter la transition écologique du marché de l’immobilier ?

Prime verte et décote brune

Tout se joue autour de la notion de “valeur verte” d’un bien, qui  “correspond à la valeur nette additionnelle dégagée grâce à une meilleure performance énergétique” selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et Maîtrise de l’Énergie). Elle est donc intrinsèquement liée à la qualité de l’isolation, la performance du chauffage et la maîtrise des flux d’air. Un bien immobilier avec une valeur verte élevée consomme peu d’énergie, ce qui veut dire des économies financières pour ses occupants et également moins d’émissions de carbone pour la planète. L’objectif est donc simple: permettre aux propriétaires les plus vertueux sur le plan environnemental de bénéficier d’une prime verte. Ils vont en effet voir leurs biens se vendre entre 6% et 17% plus cher. Et à l’inverse, sanctionner les plus énergivores par une décote brune, ce qui se traduit par une baisse de valeur du bien, plus de difficultés à emprunter auprès des banques, etc. Les actifs immobiliers se retrouvent donc dans l’obligation d’investir pour s’adapter aux exigences énergétiques ou de revendre leurs biens. De nouvelles réglementations sont ainsi mises en place pour paramétrer la valorisation des biens et contribuer à l’émergence d’une valeur verte immobilière. Que vont-elles changer?

Une restructuration du marché immobilier

Ces nouvelles réglementations structurantes ont pour but d’assurer une plus grande transparence sur les définitions et seuils de consommation énergétique, et de pousser les actifs immobiliers à s’adapter progressivement à de nouvelles exigences. Prenons par exemple la RE2020, norme environnementale entrée en vigueur en Janvier 2022, qui vise à poursuivre l’amélioration des performances énergétiques et de faire baisser l’empreinte carbone des bâtiments neufs et en construction. Cette norme pousse les propriétaires à investir dans des alternatives écologiques comme les pompes à chaleur et matériaux d’isolation. Il en est de même pour les bureaux, centres commerciaux et grandes surfaces alimentaires directement visés par la taxonomie européenne qui fixe des objectifs de réduction énergétique considérables. Les activités tertiaires publiques et privées sont également touchées par le dispositif éco-énergie tertiaire (DEET). Ces dernières devront se soumettre à une obligation de réduction des consommations d’énergie pour les surfaces supérieures ou égales à 1000m2. Ou encore la Loi Énergie-Climat 2019 qui impose un audit énergétique lors de la vente ou de la location d’un logement ayant une consommation énergétique primaire supérieure ou égale à 331 kWhep/m2.an.

La chasse aux passoires thermiques

La mesure la plus poignante pour le marché immobilier à été votée en Août 2021, il s’agit de la loi Climat et Résilience qui vise à éradiquer les logements considérés comme “passoires thermiques” ou “passoires énergétiques”. En 2025, les logements avec une diagnostic de performance énergétique (DPE) classé G ne seront plus considérés comme des biens “décents” et seront donc interdits à la location. Idem pour les logements classés F dès 2028, puis les logements classés E dès 2034.

Ces logements énergivores représentent 4,8 millions de logements sur les 29 millions de résidences principales en 2018. Grâce à cette loi, les actifs immobiliers seront dans l’obligation de s’adapter aux exigences énergétiques. Cela va également avoir un impact sur les ménages vivant dans ces logements indécents qui subissent des factures énergétiques extrêmement élevées, en particulier avec la récente hausse des prix de l’énergie.

Cette restructuration du marché de l’immobilier représente une condition primordiale si nous espérons atteindre les objectifs de l’accord de Paris de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030. En valorisant les biens les mieux isolés et plus économes en énergie, elle va donner du poids à la valeur verte des habitations qui pèseront sans aucun doute de plus en plus lourd dans les transactions immobilières. Pour participer à cette transition, le but est d’être plus autonome et de s’appuyer sur les aides financières de l’État comme la Prime Renov’ et la prime énergie. Tout est prêt pour se lancer vers un monde plus vert, ensemble !